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Savoir Ranger & Bien-Être

Les 5 causes du désordre chez soi

Stéphanie Rabourdin — Coach en rangement et organisation à Besançon

Stéphanie Rabourdin

Coach en rangement et organisation depuis 2019, membre confirmé de la FFPO, plusieurs centaines de clients accompagnés.

Le désordre tient rarement à un manque de volonté. Cinq causes matérielles l’installent, elles sont identifiables, et aucune n’est un défaut de caractère. Voici comment reconnaître celle qui vous concerne.

Le désordre n’est pas un problème de volonté

Au téléphone, j’entends souvent la même phrase : « je suis nulle », « j’ai honte de vous montrer ça », « vous n’avez jamais vu pire ». Si vous vous reconnaissez, vous n’êtes pas un cas à part. Les personnes qui m’appellent ont déjà rangé, souvent plusieurs fois. Elles ont acheté des boîtes, regardé des vidéos, tenté une méthode. Puis le désordre est revenu.

Ce qui manque n’est pas l’envie. C’est le diagnostic. On ne range pas durablement un désordre dont on n’a pas compris l’origine. Ranger sans ça, c’est déplacer, empiler ou cacher. Dans la méthode que j’enseigne : le désordre ne se range pas, il s’élimine. Et pour l’éliminer, il faut d’abord voir ce qui le nourrit.

Avant les cinq causes, un mot sur la forme que prend le bazar. Il n’est pas toujours celui qui vous saute aux yeux en rentrant. Le désordre flagrant, c’est celui qui agresse : chaussures dans l’entrée, pile de papiers sur la table, linge au bord du lit. Le désordre rampant, c’est celui qu’on cache dans les placards ou sous le lit. Il reste dans la tête. Un point chaud, c’est l’endroit qui se re-encombre dès qu’on l’a rangé : une marche d’escalier, une chaise, un rebord de fenêtre. Les cinq causes ci-dessous expliquent pourquoi ces trois formes s’installent.

Elles sont matérielles. Elles concernent les objets et les meubles. Elles n’expliquent pas tout ce qui se joue chez une personne, et elles ne remplacent pas un accompagnement quand le blocage est ailleurs. Elles suffisent pourtant, dans la grande majorité des intérieurs que je vois, à expliquer pourquoi le rangement ne tient pas.

Les 5 causes matérielles du désordre

Trop de choses pour l’espace de rangement

La plus fréquente, et la plus niée. Vous possédez trop d’affaires par rapport à la taille de vos espaces de rangement. On range, on tasse, on superpose. Ça tient une semaine. Puis la porte ne ferme plus, le tiroir déborde, et on recommence.

Le problème à gérer n’est pas toujours le manque de place. C’est l’excès de choses. Dans un dressing, ça se voit tout de suite : des cintres coincés, des piles qui s’écroulent, des vêtements encore avec l’étiquette. La personne a l’impression de manquer de place. Elle manque surtout de moins d’affaires. J’ai vu des dressings « trop petits » devenir confortables une fois le volume ramené à ce que la tringle et les étagères peuvent vraiment porter. Moins, mais mieux. Le chantier, de bout en bout, est dans ranger son dressing.

Le signe chez vous : vous rangez, ça rentre, et ça ressort tout seul. Ou vous achetez un meuble de plus pour « enfin avoir de la place ». C’est souvent ça qui fait un désordre flagrant : la porte qui ne ferme plus, visible dès qu’on entre dans la pièce.

Des rangements trop compliqués

Vos rangements demandent trop de gestes. L’objet n’est pas accessible facilement, alors il reste dehors. Clefs, lunettes, piles, télécommandes, ampoules, bougies : le quotidien qu’on pose « le temps de ».

Dans une entrée, je vois souvent le même schéma. Les chaussures ont un meuble, mais il faut ouvrir, soulever, empiler. On les laisse donc au sol. Le rangement existe. Il a simplement trop d’étapes pour être utilisé le soir, en rentrant, les bras chargés.

Le signe chez vous : vous avez un endroit prévu, et vous ne vous en servez pas. Ou retrouver un objet demande de démonter trois piles. L’entrée redevient un point chaud : on range, et le soir même les chaussures sont de nouveau au sol.

Des objets sans rangement fixe

Un objet sans endroit précis se pose là où il arrive. Sur le plan de travail. Sur la chaise de la chambre. Dans un sac « en attendant ». Ranger, alors, veut dire tout remettre en circulation. Le lendemain, tout est de nouveau dehors, parce que rien n’avait d’adresse.

Je le vois beaucoup dans les pièces à vivre. Courrier, chargeurs, sacs, affaires des enfants, outils sortis « deux minutes ». La personne passe son temps à faire des tas. Elle a l’impression de ranger tous les soirs. Elle range, en réalité, des objets qui n’ont nulle part où aller.

Le signe chez vous : vous ne savez pas où poser un objet une fois que vous l’avez utilisé. Ou chaque membre du foyer le range à un endroit différent. Le plan de travail, la chaise de la chambre, le bas de l’escalier : ce sont des points chauds, pas un manque de meubles.

Des rangements peu pertinents

Vos objets ne sont pas au bon endroit. Les Tupperware au fond d’un placard trop haut. L’appareil à raclette au milieu de la vaisselle du quotidien. Ce qu’on utilise souvent est loin. Ce qu’on n’utilise jamais est à portée de main.

Dans une cuisine, le plan de travail devient le vrai rangement : huile, épices, sacs ouverts. Les placards, eux, sont remplis de plats qu’on sort deux fois par an. Le problème n’est pas le manque de meubles. C’est que les meubles ne servent pas à ce qui sort vraiment.

Le signe chez vous : vous avez des boîtes, des paniers, des étagères, et vous rangez quand même par-dessus. Ou vous n’arrivez jamais à retrouver ce que vous avez « bien rangé ».

Trop de dispersion pour une même catégorie

La même famille d’objets est éclatée dans plusieurs pièces. Le linge ici et là. Les médicaments dans trois armoires. La papeterie au bureau, dans l’entrée, dans un tiroir de cuisine. Vous perdez du temps à chercher. Vous rachetez ce que vous possédez déjà. Vous vous épuisez.

Après une séance dans son dressing, une cliente a retrouvé des vêtements qu’elle ne voyait plus. Elle n’a pas eu besoin d’en racheter pour l’été. Ce n’est pas de la magie : une catégorie, un emplacement.

Le signe chez vous : vous savez que l’objet est « quelque part », et vous le cherchez à chaque fois. Ou vous avez la même chose en double, parfois en triple, sans le savoir. C’est du désordre rampant : caché, éclaté, et pourtant bien là.

Quel type d’accumulateur êtes-vous

Les cinq causes décrivent l’espace. Elles ne disent pas encore comment vous fonctionnez avec les objets. Or deux personnes peuvent avoir le même dressing plein pour des raisons très différentes. Votre âge, votre vécu, les événements que vous traversez font aussi bouger la manière d’accumuler. On peut se reconnaître dans plusieurs profils.

Il y a quatre types de « gardeurs ». La plupart des gens en reconnaissent un, parfois deux.

L’hésitant adore les nouveautés, les achète, s’en lasse, et les garde quand même. Par culpabilité, par loyauté, parce que « ça a coûté cher ». Ces objets lui renvoient une mauvaise image de lui. S’en séparer ressemble à un échec. Le dressing déborde de pièces encore étiquetées.

L’angoissé garde au cas où, de tout et trop. Il doute, il a peur de manquer. Les objets rassurent, ils forment un périmètre de sécurité. Le câble d’un ancien téléphone, le plat à gâteau utilisé une fois, les vêtements d’une taille précédente. Faire le vide, pour lui, c’est surtout affronter le changement.

Le sentimental ne fait pas assez la différence entre l’objet et la personne qui le lui a donné. Lettres, vêtements d’enfants, affaires d’un parent. Jeter l’objet ressemble à jeter le souvenir. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. C’est une décision trop lourde pour être prise seul(e), un mardi soir.

Le perfectionniste est aussi procrastinateur. Il remet à plus tard parce qu’il a peur d’échouer, ou parce qu’il est paralysé par les détails. S’il commence, il abandonne vite : ce qu’il a fait ne lui plaît pas. Il se décrit souvent comme un « bordélique organisé ».

Ces portraits suffisent à se reconnaître. Le quiz, les exercices, et ce que chacun implique concrètement pour le tri, c’est un chapitre entier de l’e-book.

Par où commencer une fois sa cause identifiée

Savoir quelle cause est à l’œuvre change la première action. Trop de choses : on ne commence pas par acheter un meuble. Dispersion : on rassemble une catégorie avant de ranger. Rangements trop compliqués : on simplifie les gestes, on n’ajoute pas une boîte.

La suite, concrète, est dans Par où commencer pour désencombrer sa maison : quelle zone choisir, comment fonctionne le tri par le vide, et les quatre décisions qui bloquent tout le monde.

Si vous voulez la méthode complète en cinq étapes, avec les exercices, elle est dans l’e-book rangement. Cinquante-trois pages, à suivre seul(e), à votre rythme. Le diagnostic ci-dessus est le point de départ. La méthode, elle, tient dans le PDF.

Questions fréquentes

Pourquoi le désordre revient-il toujours après un grand rangement ?

Parce que le rangement n'a pas traité la cause. On a déplacé, empilé ou caché. Tant que le volume d'objets, des rangements trop compliqués ou une catégorie dispersée dans toute la maison n'ont pas changé, le désordre revient en quelques jours ou quelques semaines.

Combien de temps faut-il pour désencombrer une maison ?

Cela dépend du volume et des pièces concernées. Chez la plupart des personnes que j'accompagne, il faut quatre à cinq séances de 4 h pour aller au bout d'une maison. Une première zone, elle, se traite en une séance.

Vous préférez être accompagné(e) plutôt que de vous lancer seul(e) ? Je travaille avec vous, chez vous ou en visioconférence, à votre rythme et sans jugement.

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